La
rumeur commença très tôt, dès l'installation de Pierre Martin à
Peyrebeille. Elle data et surtout identifia rapidement le point de départ
de la série des crimes, imputable aux habitants de Peyrebeille.
Leur
premier crime fut donc celui d'un riche marchand juif, dont une variante
dit qu'il était colporteur en vêtements, qui avait eu le malheur de
faire étape dans la toute nouvelle auberge. Ils l'avaient tué pour lui dérober
plusieurs dizaine de milliers de francs qu'il avait eu l'imprudence
d"emporter avec lui. Nul ne sut jamais son nom. Nul ne put le décrire.
On ignore même la raison exacte de sa présence sur ce plateau désolé,
probablement pour se rendre du Puy à Aubenas ou vice-versa. Tout ce que
l'on sait de lui, c'est qu'il avait un cheval.
Et
la rumeur dit que ce cheval avait été vu dans l'enclos de l'auberge de
Peyrebeille. C'est vrai, Baptiste Palhes, un fermier et Jean Moulin, un
maquignon de Pradelles témoigneront avoir vu un cheval magnifique dans
l'enclos de Peyrebeille sans pouvoir dire comment Pierre Martin en avait
pris possession.
La
rumeur courut que le cheval avait été trouvé, mort, abandonné au fond
du ravin. Là encore, les témoignages manquent comme ceux se rapportant
à la famille de ce "juif errant" qui aurait recherché son
parent, sans succès cependant, mais dévoilant à tous le monde qu'il
portait sur lui une cassette contenant trente mille francs et de nombreux
bijoux.
Ce
meurtre aurait été le début d'une longue série de crime, tous perpétrés
au sein de l'auberge qui porte bien son surnom de "rouge".
Là
encore, pour ceux qui s'intéresse au mécanisme de la rumeur, on retrouve
tout les ingrédients d'une bonne rumeur, y compris le juif errant cousu
d'or.