LES OUSTACHIS  

 

1/ Ante Paveliv 3/ Fondation de "l'Oustachi"
2/ Vie politique 4/ La lutte armée

 

Les Oustachis sont les membres d'un mouvement terroriste nationaliste croate qui a gouverné, au cours de la Seconde Guerre Mondiale, la Croatie indépendante avec l'appui de l'Allemagne nazie. L'histoire de ce mouvement extrémiste est intimement liée à celle de son fondateur : Ante Pavelic.

1/ Ante Pavelic :

Il naît dans une famille croate le 14 juillet 1889, à Ivan Planina, à la frontière entre la Bosnie et l'Herzégovine (alors provinces de l'Empire Austro-Hongrois). Affaibli durant son adolescence par une tuberculose, il est malgré tout placé par sa famille chez les jésuites  et devient bachelier à Zagreb en 1910.

Il s’intéresse alors à la politique et commence à militer dans une formation politique nationaliste, le Parti Croate du Droit (H.S.P.) tout en suivant des études de droit. Il obtient en 1915 son doctorat à l'Université François-Joseph, toujours à Zagreb. Trois ans plus tard, à la fin de la Première Guerre Mondiale; il ouvre un cabinet d'avocat, avant d'être élu, la même année, secrétaire du H.S.P. puis d'en devenir le vice-président en 1919. Peu après, il épouse une jeune fille de la bonne société juive viennoise.

 

2/ La vie politique :

Le 1er mars 1919, jeune et brillant avocat de trente ans, il signe un manifeste pour une Croatie indépendante. C’est son premier engagement radical pour l’indépendance de la Croatie. De plus, il anime les "Sokols", ces "sociétés de gymnastique", qui dissimulent en réalité de très discrètes associations patriotiques croates qui, plus tard, deviendront clandestines et para-militaires. En décembre 1921, sa carrière prend un tournant plus marqué lorsqu'il est élu au parlement régional croate, puis, en septembre 1927, député de Zagreb à l'Assemblée Nationale Yougoslave. Mais, dès l'ouverture de la session, le 28 octobre 1927, Ante Pavelitch annonce la couleur :

“Le peuple croate n’a pas voulu cet État qui ne correspond ni à son passé, ni à ses besoins présents... La participation du Bloc Croate aux travaux de cette assemblée ne signifie pas que nous reconnaissions cet État factice, ni que nous l’approuvions. Au contraire, le Bloc Croate usera de tous les moyens légaux pour que soit modifié le statut du peuple croate, en vue de l’établissement d’un État croate indépendant”

. De même, en tant qu'avocat, il révèle un peu plus ses idées extrémistes en défendant des terroristes macédoniens devant les tribunaux de Skopje.

L'année 1928 est un tournant car elle voit Ante Pavelitch et ses amis basculer dans la violence. En effet, le 20 juin, en pleine Assemblée, Punisa Racic, un député monténégrin, ouvre le feu sur les croates présents sous l'hémicycles : Pavle Radic et Djuro Basaricek sont tués sur le coup. Stjepan Radic, oncle du précédant, décède le 8 août des suites de ses blessures. Il est le leader incontesté et très charismatique du Parti Paysan qui domine la politique à Zagreb. Ces meurtres provoquèrent un choc dans la population croate. La disparition de Stjepan Radic va pousser vers la violence toute une frange de la jeunesse jusque là légaliste. A Belgrade, la rumeur circula très vite, accusant la "Main Blanche" dont le chef, le général Givkovitch, était un proche des Karageorgévitch alors au pouvoir . Les députés croates se retirèrent du parlement et organisèrent un régime séparatiste basé à Zagreb. Le 6 janvier 1929, la crise s'aggrava lorsque commença la "dictature royale".

3/ La fondation de "l'Oustachi" : (Utasa Hrvatska Revolucionarna Organizacija)

 (Organisation des insurgés révolutionnaires croates)

Le lendemain même du coup d'état royal, l'Oustachi fut fondée par Ante Pavelitch et ses amis. Le 17 du même mois, Pavelitch gagna Vienne où il retrouva le Colonel Percevitch, ancien colonel qui animait un mouvement nationaliste composé de croates en exil. Depuis Vienne, les deux hommes structurèrent le mouvement Oustachis, le dotant d'une structure militaire avec un état-major, divisant les effectifs en unités territoriales puis en cellules secrètes. Simultanément, Pavelitch voyagea à travers l'Europe, recherchant des appuis, se rapprochant de mouvements politiques extrémistes comme l'I.M.R.O. macédonienne. Dès ce moment, l'Oustachi bénéficia de l'aide logistique des "Comitadjis" macédoniens ainsi que des conseils avisés des "experts" de l'I.M.R.O..

Sur le plan politique, les nombreux voyages de Pavelitch en Hongrie, en Allemagne ou en Italie le rapprochent lentement des régimes fascistes. L'aide que ces états lui apportent, lui permet de renforcer la propagande de l'Oustachi dans toute l'Europe, implantant des réseaux encore plus loin, en Argentine ou aux États-Unis. Le rapprochement avec le régent Horthy en Hongrie et le Comte Ciano en Italie permet à l'Oustachi d'ouvrir des camps d'entraînements dans ces deux pays, dont le fameux camp de Janka Pusta, ou celui proche de Nagykanitza, tous deux situés en Hongrie.

4/ La lutte armée :

En Croatie même, la lutte armée débuta au commencement des années trente. Sabotages, attentats, (surtout contre des journalistes de Zagreb) se succédèrent amenant une répression impitoyable de la part de la gendarmerie serbe. En 1932, un nouveau palier fut franchi avec une insurrection rurale prolongée dans la province de Lika, menée par plusieurs centaines de combattants Oustachis.

D'un point de vue politique, l'organisation se fascisait de plus en plus. Ante Pavelitch devint "le guide", le "Polgravnik" de l'organisation. En 1933, les nazis, à peine arrivés au pouvoir en Allemagne, autorisèrent l'Oustachi à ouvrir un bureau à Berlin.

En décembre 1933, lors d'une visite du roi Alexandre 1er à Zagreb, l'Oustachi monta un attentat sanglant contre lui. Mais cet attentat échoua et deux oustachis furent capturés et pendus.

Le 9 octobre 1934, à Marseille, Ante Pavelitch et ses "conseillers" de l'I.M.R.O. parvinrent enfin à leur fin : Alexandre 1er est assassiné.